À l’occasion du trentième anniversaire de l’Université Notre-Dame d’Haïti (UNDH), la célébration eucharistique présidée par Son Excellence Mgr Max Leroys Mésidor a constitué un moment de haute portée pour notre communauté universitaire. Dans une homélie qui dépasse largement le cadre d’une célébration commémorative, l’Archevêque de Port-au-Prince et Président du Conseil d’administration de l’Université a livré une profonde méditation sur la mission de l’université catholique, lieu de formation intégrale de la personne humaine. En conjuguant mémoire, discernement et vision d’avenir, l’homélie de Mgr Mésidor s’impose comme un texte de référence pour penser l’avenir de l’enseignement supérieur catholique en Haïti, dans un contexte national marqué par de profondes mutations et de grands défis.

Le jubilé de perle de l’Université Notre-Dame d’Haïti commémore cette année non seulement ses 30 ans d’existence, mais il invite surtout cette institution universitaire de référence à relire son histoire à la lumière de sa vocation. Les trente ans de l’Université Notre-Dame d’Haïti constituent un événement où la mémoire devient l’occasion d’un profond discernement et un moment d’action de grâce qui ouvre sur une responsabilité renouvelée.
Le 26 juin 2026, dans le cadre de la célébration anticipée de Notre-Dame du Perpétuel Secours, Patronne d’Haïti, la communauté universitaire notredamoise s’est réunie autour de son Grand Chancelier, Son Excellence Mgr Max Leroys Mésidor, Archevêque métropolitain de Port-au-Prince, Président de la Conférence Épiscopale d’Haïti et Président du Conseil d’administration de l’UNDH.
La célébration revêtait une portée particulière. Trente années se sont écoulées depuis qu’un rêve, porté par les évêques catholiques d’Haïti, s’est transformé en une œuvre universitaire appelée à mettre l’excellence de l’enseignement supérieur au service de l’Église et de la société haïtienne, à travers l’ensemble des diocèses du pays. En effet, l’UNDH, concrétise l’idée d’être une université nationale enracinée dans la mission de l’Église, déployée à travers les dix diocèses du pays et vouée à la formation intellectuelle, humaine et spirituelle des générations appelées à construire l’avenir d’Haïti.
Fonctionnant selon un modèle déconcentré, l’Université Notre-Dame d’Haïti constitue l’une des plus importantes institutions d’enseignement supérieur du pays, avec des facultés, écoles et laboratoires de recherche répondant aux besoins de formation des différentes régions.
Une intuition née d’une vision ecclésiale

L’histoire de l’UNDH ne peut être comprise indépendamment de l’histoire récente de l’Église catholique en Haïti.
À la suite de la visite historique de saint Jean-Paul II en mars 1983, les évêques d’Haïti discernèrent qu’une Église soucieuse de l’évangélisation ne pouvait se désintéresser de la formation supérieure. L’annonce de l’Évangile exigeait également la formation d’intelligences capables d’assumer les responsabilités citoyennes dans toutes les sphères de la vie nationale indispensables au développement du pays : l’ingénierie, le droit, l’économie et la finance, la médecine, l’éducation et autres. Ce discernement conduisit, en 1996, à la fondation de l’Université Notre-Dame d’Haïti.
Le premier campus ouvrit ses portes au Cap-Haïtien avec la Faculté des sciences administratives et l’École de formation des enseignants. Quelques semaines plus tard, Port-au-Prince accueillait la Faculté de médecine et des sciences de la santé ainsi que l’École des sciences infirmières. Le reste appartient désormais à l’histoire. Mais une histoire qui continue de s’écrire.
L’UNDH n’est pas née pour devenir une université parmi d’autres. Elle est née comme une réponse ecclésiale à une urgence nationale. Son projet fondateur ne consiste pas simplement à transmettre des savoirs. Il s’agit de former des femmes et des hommes capables d’unir compétence professionnelle, conscience morale et sens du bien commun. Cette intuition initiale demeure aujourd’hui d’une étonnante actualité.
Une homélie-programme pour l’avenir de l’Université

Plus qu’une prédication de circonstance, l’homélie prononcée par Mgr Max Leroys Mésidor s’est imposée comme une véritable réflexion théologique et institutionnelle sur la vocation de l’Université Notre-Dame d’Haïti. En inscrivant la célébration du trentième anniversaire dans le cadre de la fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours, le Président du Conseil d’administration de l’UNDH a d’abord invité l’assemblée à une profonde action de grâce : « Ce que le Seigneur a fait pour nous est prodigieux et nos yeux en sont témoins » (Ps 126, 3). Pour lui, ces trente années ne sont pas seulement le fruit d’une aventure humaine, elles témoignent avant tout de la fidélité de Dieu à une intuition pastorale portée par les évêques catholiques d’Haïti.
S’appuyant sur la figure de la Vierge Marie, Mgr Mésidor a proposé un véritable programme spirituel pour toute institution catholique. Le don total de soi, l’écoute de la Parole et la fidélité jusque dans l’épreuve constituent, selon lui, les trois attitudes qui doivent inspirer la communauté universitaire. À travers Marie, « Mère de l’Église et Mère de l’Université », il a rappelé que toute œuvre éducative trouve son sens dans le service de la vérité, de la personne humaine et de l’Évangile.
Relisant ensuite l’histoire de l’UNDH, Mgr Mésidor a rendu hommage à la vision des évêques fondateurs qui, dans le sillage de la visite de saint Jean-Paul II en Haïti, ont voulu doter l’Église d’un établissement d’enseignement supérieur capable de contribuer à la formation intégrale de la personne humaine et au développement du pays. Le parcours accompli depuis 1996 apparaît, à ses yeux, comme celui du « grain de sénevé » devenu un arbre dont les branches s’étendent aujourd’hui à travers les dix diocèses du pays. Mais cet anniversaire ne saurait être un simple regard sur le passé : il est un appel à préparer l’avenir avec audace.
L’Archevêque de Port-au-Prince a ainsi rappelé avec force qu’une université catholique ne peut se réduire à une « tour d’ivoire ». Elle est appelée à être un lieu de dialogue entre la foi et la raison, entre les disciplines, les cultures et les générations, un véritable laboratoire du bien commun. Dans un contexte national marqué par la violence et l’effondrement de nombreuses institutions, il a souligné que l’UNDH doit continuer à former non seulement des professionnels compétents, mais surtout des femmes et des hommes capables de discerner, de servir et de reconstruire la société. « Former des diplômés ne suffit pas. Il faut former des consciences », a-t-il affirmé avec conviction.
Sans éluder les difficultés que traverse Haïti, Mgr Mésidor a invité la communauté universitaire à un examen de conscience exigeant. Les crises extérieures, a-t-il rappelé, ne dispensent jamais une institution de rechercher la qualité, la discipline et l’excellence. Le prestige d’une université repose d’abord sur la rigueur de son enseignement, la crédibilité de sa recherche, la qualité de sa gouvernance et la valeur humaine de ses diplômés. À trente ans, l’UNDH est appelée à entrer pleinement dans l’âge de la maturité institutionnelle en faisant de l’excellence académique une véritable exigence morale.
Enfin, dans une conclusion empreinte d’espérance, le Président de la CEH a lancé un vibrant appel à poursuivre l’œuvre entreprise par les générations fondatrices. Refusant toute résignation face à la crise nationale, il a invité l’ensemble de la communauté universitaire à regarder l’avenir avec confiance. Reprenant les trois verbes qu’il a proposés comme une véritable devise pour l’Université – « Prier. Planifier. Travailler. » –, il a rappelé que la mission de l’UNDH consiste à former des femmes et des hommes dont la compétence sera toujours mise au service du bien commun. Car, a-t-il conclu, une université catholique ne forme pas seulement des intelligences, elle forme des cœurs, afin que ses diplômés deviennent, au sein de la société haïtienne, des « bâtisseurs d’espérance » et des artisans d’une civilisation de la justice, de la paix et de la fraternité. « Que l’Université Notre-Dame d’Haïti continue d’être, au cœur de notre peuple, un chantier d’espérance, où l’on n’a pas peur de se donner, de travailler ensemble et, selon la belle expression du Saint-Père, de se salir les mains pour relever Haïti ».
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Au-delà de la célébration d’un anniversaire, le jubilé de perle de l’Université Notre-Dame d’Haïti apparaît comme un appel à poursuivre une œuvre qui dépasse les générations. Dans un pays où les crises fragilisent les institutions et ébranlent les espérances, l’UNDH demeure l’un des signes les plus éloquents de la confiance que l’Église place dans la force transformatrice de l’éducation. Depuis trois décennies, elle façonne des intelligences, forme des consciences et prépare des femmes et des hommes appelés à servir leur pays avec compétence, intégrité et sens du bien commun.
À l’heure où s’ouvre une nouvelle étape de son histoire, l’Université Notre-Dame d’Haïti est invitée à demeurer fidèle à l’intuition prophétique de ses fondateurs tout en répondant avec audace aux défis du XXIᵉ siècle. Plus qu’un établissement d’enseignement supérieur, elle est appelée à être un foyer de pensée, un laboratoire d’innovation, une école de responsabilité et un lieu où la foi continue d’éclairer la raison au service de la dignité humaine.
Trente ans après sa fondation, l’UNDH regarde l’avenir avec confiance. Forte de son enracinement ecclésial, de son rayonnement national et de l’engagement de toute sa communauté universitaire, elle poursuit sa mission avec la conviction que l’éducation demeure l’un des chemins les plus sûrs pour reconstruire Haïti. Car, comme l’a rappelé Mgr Max Leroys Mésidor au terme de son homélie, une université catholique ne se mesure pas seulement à l’excellence de ses formations ; elle se reconnaît surtout à sa capacité de faire naître des femmes et des hommes qui deviennent, au cœur de la société, des « bâtisseurs d’espérance ».
Service de Communication de l’Archidiocèse de Port-au-Prince (SCAP)





